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Entrée du CEGVHHistorique

Afin de sortir de la "médicalisation des hospices", et de rendre leur cohérence aux dimensions sanitaire et sociale, et parce qu'il existe une utilité réelle pour la société, la construction d'un hôpital gériatrique dans Paris intra-muros permettait de corriger l'exclusion des personnes âgées envoyées dans des ghettos hors de Paris déjà dénoncée par Michel Foucault .Ce projet résidait donc dans la construction d'un hôpital gériatrique, véritable lieu de vie et de soins, tout en étant d'abord et avant tout au service du maintien à domicile de la personne âgée.

 

Pour ce faire, différentes missions de l'Hôpital gériatrique ont pu être définies:

  1. Une mission de prévention : "que les personnes âgées malades ne viennent pas à l'hôpital!" En effet 95% des problèmes de la population âgée sont traités par le médecin traitant, 5% par l'hôpital.
  2. Une mission de support, d'expertise pour les soignants du domicile. L'hôpital a à mettre en place les conditions "pour aider à faire". Il organise des réunions de soutien, est à l'écoute des professionnels de ville, leur apporte des avis spécialisés, des évaluations dans les situations difficiles (équipes mobiles). Il organise des formations pour développer les compétences.
  3. Une mission de soins de proximité. Des capacités en lit des différentes unités traditionnelles, des équipes mobiles sociales et soignantes sont à disposition pour effectuer des évaluations de besoins des personnes âgées à domicile. Une équipe de soins palliatifs est disponible pour accompagner les patients douloureux et en fin de vie à l'hôpital et donner des conseils pour le domicile. Un hôpital de jour est ouvert pour évaluer les atteintes cognitives et physiques des patients. Son rôle est aussi de proposer des rééducations collectives et pluridisciplinaires ainsi que des conseils par des professionnels qui ne sont pas installés en libéral (ergothérapeutes et psychomotriciens). L'hôpital offre des unités pour personnes âgées dépendantes qui n'ont pas accès aux maisons de retraites car trop handicapées.
  4. Une mission de développement des compétences dans le secteur gériatrique par la mise en œuvre d'actions de formation, d'études et de recherche à travers la création d'un réseau.

C'est dans ce contexte que le centre d'études gérontologiques ville-hôpital a commencé à mettre en œuvre des actions en 2002. Pour noter l'évolution des missions de ce centre, nous nous référons à ses dénominations successives :

  1. Avant l'ouverture, il s'agissait du centre de formation de Bretonneau, pendant de l'école gérontologique Liliane Plaa de l'hôpital "René Muret-Bigottini", qui répondait à un enseignement fondé principalement sur l'expertise.
  2. A partir de 2002, il est devenu centre de formation Ville-Hôpital. La notion d'ouverture sur la ville devenait plus prégnante. La première grande action au bénéfice des familles des personnes âgées des 17 et 18èmes arrondissements avait pu être réalisée grâce à une subvention dans le cadre du Programme Régional de Santé allouée par la CRAMIF et la DRASSIF. Cette action a dépassé toutes les espérances en attirant un public parisien et de banlieue fait non seulement d'aidants naturels, mais aussi d'aidants professionnels. Pour soutenir cette formation, des supports pédagogiques ont été créés grâce à des subventions obtenues auprès d'organismes publics et privés (caisses de retraites, banques…)
  3. La demande devenue de plus en plus diverse, différentes formes de réponses ont été imaginées. Le Centre d'Etudes gérontologiques Ville-Hôpital est né en mettant en œuvre des formations élaborées sur commande pour des publics de provenances variées (sanitaire, institutionnelle, libérale, bénévole, …), des actions de promotion de santé, et en incluant les personnes âgées elles-mêmes dans le public. Ce travail s'est fait en créant des liens entre les différentes structures sanitaires et sociales existantes, en recherchant des partenaires externes et internes à l'hôpital pour répondre de façon pertinente aux missions définies dans le projet initial tout en respectant les valeurs  fortes de partage, d'accompagnement, de reconnaissance de la personne âgée et de son entourage.

Pour remplir ces missions, une "tête de pont" formée de trois "secteurs" (Point-Paris-Emeraude-CLIC de niveau 3, le secteur ambulatoire réunissant l'hôpital de Jour et les équipes mobiles et le Centre d'Etudes Gérontologiques Ville-Hôpital) a organisé les conditions favorables à la prise en charge de la personne âgée, tant au niveau de la prévention primaire et/ou secondaire que du soin.
Par ailleurs, le travail en réseau sur le nord de Paris a été formalisé autour d'une Dotation Régionale pour le Développement des Réseaux obtenue en 2005, ainsi que par l'établissement de conventions passées avec des structures de soin à domicile, l'université, …

Bilan aujourd'hui

Dans ce cadre, le Centre d'Etudes Gérontologiques Ville-Hôpital répond à un besoin de santé publique contemporain : le "maintien" de la personne âgée à domicile avec ses corollaires que sont le soutien des aidants et la promotion de la santé des personnes âgées. Son projet est fondé sur des principes de coopération, de solidarité, de partenariat entre l'ensemble des aidants et des professionnels hospitaliers et de ville afin de dépasser tous les clivages qui nuisent à l’efficacité d’une "prise en charge globale".La prise en charge globale se fait dans l'interprofessionnalité qui nie la juxtaposition et qui implique la collaboration des professionnels dans un système de soin complexe qui interpelle à la fois les organisations et les personnels.

Par ailleurs, de nombreuses journées de formation sont élaborées pour des instituts de formation régionaux, des hôpitaux en projet, des structures sociales…

Les facteurs qui ont favorisé la reconnaissance du CEGVH

L'inclusion du CEGVH dans un contexte maillé, proche du Point Paris Emeraude-Centre Local d'Iinformation et de Coordination 18 très actif, lui a permis d'avoir accès à une base de données de personnes âgées et de professionnels sur laquelle il a pu s'appuyer pour construire et proposer des actions.
L'appartenance à divers réseaux formels et informels (Réseau de Santé Paris-Nord, ALMA Paris,  associations d'aidants, instituts de formation, universités...) permet de partager des connaissances et un vivier d'intervenants.
Une réflexion commune entre les professionnels hospitaliers et de ville, un travail de plus en plus étroit avec les professionnels de l'hôpital, médecins, para-médicaux et travailleurs sociaux, induit un travail en collaboration.
En cohérence avec la nouvelle législation, le CEGVH a saisi l'opportunité de s'inscrire dans un créneau porteur.
Dans une visée systémique, la proposition d'actions innovantes tant dans le secteur sanitaire que social, en articulant le service rendu à la personne avec la recherche, en tentant de "marier" le regard médical au regard sociologique, intéresse les différents acteurs.
En multipliant les formes pédagogiques d'intervention, en imaginant diverses formes de rencontre, en privilégiant l'hétérogénéité des publics lors de ces rencontres, le CEGVH rassemble et met en place les conditions de partage de connaissances.
Pour terminer, notre expérience est diffusée à travers des revues, des livres, des congrès.Soins en gérontologie" 2003, "Alzheimer et maladies apparentées : traiter, soigner et accompagner au quotidien", Collection Âge, Santé, SociÉté ­ MASSON ­ Paris 2005, Séminaire DRASSIF 2003, Congrés UNCASS Paris 2004, APHJPA Nîmes 2005

Perspectives

Il existe une attention nationale concernant la gérontologie. Ce champ est sans doute un lieu privilégié où le travail en réseau montre toute son importance : les personnes âgées sont polypathologiques et demandent une prise en charge médicale générale, non sous forme de filière ou de réseau centré sur une pathologie.
Le vieillissement pourvoyeur de certaines incapacités tant physiques que cognitives génère le besoin d'un accompagnement préventif, et d'un regard social pour éviter le handicap ou reculer son apparition.
Fort de l'expérience que nous animons et vivons au CEGVH, nous proposons que ce type de structure puisse se développer autour de problématiques de santé publique, à partir d'un centre hospitalier dont l'activité est dédiée à une discipline concernée par un problème, une question de santé publique dont l'hôpital a l'expertise.

Depuis le mois de janvier 2009, Madame Fabienne MARIZY est la nouvelle responsable du CEGVH, succédant à Monsieur Claude LEPRESLE, fondateur du CEGVH.

Directeur du CEGVH
C. Lepresle - Fondateur du CEGVH